A celui que j’ai cessé d’aimer…

J’ai essayé de rattraper les parcelles de notre amour qui s’envolaient, mais il était déjà trop tard.

L’amour n’est pas un sentiment éternel et les promesses n’ont plus aucun sens aujourd’hui.

J’ai tenté de faire taire les voix du doute en les remplaçant par des mots d’amour. J’ai supplié le ciel de pouvoir t’aimer à nouveau. En vain.

Tu n’as rien fait de mal, c’est moi qui ai changé. Mon coeur a trahi le tien. Mon coeur n’a pas su tenir ses promesses.

Et j’ai eu beau lui rappeler, la personne formidable que tu es, il n’a rien voulu savoir.

Mon amour n’était pas éternel et je te demande pardon, pour toutes mes promesses.

-Melinda.

Réflexions suite à la visite d’un musée…

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Un cadavre, parmi les oeuvres d’arts. Lui, qui s’est entouré d’or et de briques pour se préserver. Lui, qui s’est bâti une tombe pour atteindre l’autre monde. Ses croyances n’ont pas été respectées.

Peut-on réellement accéder au repos éternel lorsqu’on est constamment sous le feu des projecteurs ?

A présent dénudé de tout ce qui le protégeait, tandis qu’eux, habillés le regardent. Et tous ces autres cercueils vidés de leurs habitants se demandent où sont passées leurs dépouilles.

Leur dernière demeure détruite, les os exposés et brandis comme des trophées, eux dorment tranquillement la nuit, sur leur coussin de profit. Et lorsqu’un jour ils s’en iront et qu’ils voudront trouver la paix, ils s’enfermeront dans un coffre scellé bien profondément sous terre.

-Melinda.

Aux expatriés…

Il y a des gens qui rêvent de voyages sans jamais quitter leur ville.

Posée à la fenêtre à observer les étoiles, j’ai souvent voulu m’évader. Toujours en quête d’un « ailleurs » meilleur, je préparai mes valises sans jamais trouver la destination idéale.

Bien des années plus tard, à des milliers de kilomètres de la maison de mon enfance, j’ai trouvé mon chez moi.

Aujourd’hui, ma valise est bouclée : je l’ai remplie de rêves. Je laisse tous les regrets et les remords derrière moi car ils n’ont plus leur place là où je vais.

Quand on a trouvé sa maison, après en avoir rêvé toute sa vie, on n’emporte pas les vieux fantômes avec soi.

-Melinda.

A ceux qui se reconnaîtront…

Parfois, l’esprit veut mourir mais le corps refuse.

L’esprit veut détruire les os et les réduire en cendres : il veut que le corps redevienne poussière.

Il y a ceux qui luttent pour vivre et ceux pour qui vivre est une lutte.

Les lits d’hôpitaux sont remplis des prières de ceux qui veulent encore un peu de temps de vie. Peut-être veulent-ils vivre car ils savent qu’ils vont mourir ?

Et les vivants, peut-être veulent-ils mourir car ils savent qu’ils sont condamnés à vivre ?

Parfois, l’oxygène est le plus merveilleux des cadeaux. D’autres fois, il ressemble à un poison.

Mais face à ceux qui s’acharnent à vivre et qui aiment la vie, il est évident que vivre est un devoir.

-Melinda.

A ma meilleure amie…

Les pages de ton histoire d’amour ne font plus rêver personne. Il a fait de la Princesse que tu étais une ombre, un fantôme.

Es-tu consciente qu’il t’a tué ? Qu’il a pris tous les joyaux de ta couronne pour se les approprier ?

Te souviens-tu  de la femme que tu étais avant qu’il n’entre dans ta vie ?

Mes efforts pour te recoller sont vains face à celui qui a pris ton coeur et ton identité.

Mais sache que Princesse ou femme brisée, je serai toujours à tes côtés, prête à te soutenir lorsque tu auras réalisé…

Qu’il n’est pas Amour. L’Amour ne rabaisse pas. L’Amour ne vole pas. L’Amour n’abandonne pas. L’Amour ne lui ressemble pas.

Il fait partie de ceux qui sont attirés par ceux en manque d’Amour car il sait que peu importe le mal qu’il te fera, tu seras toujours présente.

Et à force de le remplir d’Amour, tu oublies de t’en donner. Lui prend. Toi, tu souffres.

Le jour où tu te verras comme je te vois, tu comprendras  enfin qu’il ne t’a jamais mérité.

-Melinda.

 

A mon premier choix…

Consciente que je ne serai jamais ton premier choix, je me serais contentée d’être le second. D’être l’autre femme.

Je me serais satisfaite des miettes de ton amour et aurais chéri les restes qu’elle n’aurait pas su apprécier.

J’étais prête à éviter mon reflet pour le restant de mes jours, pour ne pas affronter le jugement de la personne que j’étais avant toi.

J’aurais vécu dans l’obscurité, espérant qu’un jour tu me fasses découvrir le soleil. Espérant m’habituer aux ténèbres.

Mais en plus d’être ta lumière, elle était aussi ton ombre. Elle était ton premier et ton second choix.

Qui suis-je pour te priver de cela ?

Qui suis-je encore, pour me contenter d’un amour à temps partiel ?

-Melinda.

La jupe était trop courte.

Les volants de la jupe ne danseront plus maintenant que l’inconnu est parti. Il a laissé place au silence et à la confusion.

Après avoir pénétré la demeure et envahi les lieux, reste le corps hanté par l’image qu’il était et ne sera plus.

L’intrus en a fouillé et souillé chaque recoin avant de s’en aller. Il est entré et a pris ce qui n’était pas à lui.

Les pensées de la victime vont et viennent au gré de la douleur tandis que l’officier attend sa réponse.

Cinq, Dix ou Vingt centimètres au-dessus du genou ? Collants ou pas collants ? Sourire ou pas sourire ? Le silence qui aurait pu laisser planer le doute ou le « non » fermement indiqué ? Cinq, Dix ou Vingt centimètres de talons ?

– Environ dix centimètres au-dessus du genou.

A la manière dont il hésite avant de taper l’information, elle devine le sermon qui l’attend. Le regard qu’il lui jette est le même que lui donneront ses parents, ses amis et la société : la jupe était trop courte.

-Melinda.

Aux voleurs de chansons…

Garées devant la maison et sur le point de sortir, Percy Sledge entame When A Man Loves A Woman à la radio.

Un divorce et des années après, ma mère m’apprend que c’est la chanson sur laquelle mon père et elle ont dansé. Je veux sortir de la voiture pour la faire oublier, mais elle me retient et commence à chanter, le sourire aux lèvres. Alors, je réalise qu’il n’a pas gagné.

Hier soir, j’ai écouté ma chanson. J’ai souri en repensant aux larmes qui avaient coulé des années auparavant sur ces mêmes paroles.

Je ne laisserai plus cet air de musique être un rappel amer du passé.

Le souvenir de la respiration qui commence à manquer car tu n’es plus là et la musique qui est censée apaiser et qui n’apaise pas est loin désormais.

Ces notes sont la preuve que je peux survivre aux épreuves.

Tu m’as pris beaucoup de choses mais tu ne prendras pas ma chanson.

– Melinda.

https://www.youtube.com/watch?v=Y8raabzZNqw

A mon âme soeur…

Si nos âmes n’ont pas su se reconnaître ici-bas peu importe car je sais que toi et moi danserons à nouveau ensemble.

Ton impact dans ma vie a été trop grand pour n’être qu’une peine de coeur parmi tant d’autres.

Ton nom a été trop important pour ne plus être évoqué.

Je pense que parfois les âmes soeurs sont seulement destinées à se croiser, mais pas à marcher ensemble.

Cela ne veut pas dire qu’il ne s’agissait pas d’un amour véritable.

 

-Melinda.

La déchirure.

La colère ne justifie pas tout. Il y a des mots qui ne devraient jamais être pensés et encore moins formulés. Mais je l’ai entendu les dire.

Parce qu’Elle s’est sentie désarmée, Elle a utilisé ses mots pour causer la souffrance et l’édifice qu’Elle était s’est effondré.

J’ai vu l’étincelle d’amertume naître dans ses yeux pour se changer en paroles. Je l’ai vu s’extasier lorsque ses mots ont atteint leur cible et l’ont laissée sans voix.

Elle, c’était une amie.

Elle, c’est une mère qui ne comprend pas ce que c’est que d’être mère.

Elle, avait aidé à choisir le prénom du bébé. Elle, avait pleuré aussi, lorsqu’elle avait appris. C’est Elle qui aurait tenu le bébé et qui aurait veillé sur lui.

Elle, c’est une mère qui s’est réjouie de la fausse couche d’une mère-en-devenir lors d’un conflit.

Il y a des mots qui ne peuvent être oubliés.

Marquée au fer rouge au plus profond de son âme, la cible se demande comment pardonner l’impardonnable.

– Melinda.