A mon premier choix…

Consciente que je ne serai jamais ton premier choix, je me serais contentée d’être le second. D’être l’autre femme.

Je me serais satisfaite des miettes de ton amour et aurais chéri les restes qu’elle n’aurait pas su apprécier.

J’étais prête à éviter mon reflet pour le restant de mes jours, pour ne pas affronter le jugement de la personne que j’étais avant toi.

J’aurais vécu dans l’obscurité, espérant qu’un jour tu me fasses découvrir le soleil. Espérant m’habituer aux ténèbres.

Mais en plus d’être ta lumière, elle était aussi ton ombre. Elle était ton premier et ton second choix.

Qui suis-je pour te priver de cela ?

Qui suis-je encore, pour me contenter d’un amour à temps partiel ?

-Melinda.

La jupe était trop courte.

Les volants de la jupe ne danseront plus maintenant que l’inconnu est parti. Il a laissé place au silence et à la confusion.

Après avoir pénétré la demeure et envahi les lieux, reste le corps hanté par l’image qu’il était et ne sera plus.

L’intrus en a fouillé et souillé chaque recoin avant de s’en aller. Il est entré et a pris ce qui n’était pas à lui.

Les pensées de la victime vont et viennent au gré de la douleur tandis que l’officier attend sa réponse.

Cinq, Dix ou Vingt centimètres au-dessus du genou ? Collants ou pas collants ? Sourire ou pas sourire ? Le silence qui aurait pu laisser planer le doute ou le « non » fermement indiqué ? Cinq, Dix ou Vingt centimètres de talons ?

– Environ dix centimètres au-dessus du genou.

A la manière dont il hésite avant de taper l’information, elle devine le sermon qui l’attend. Le regard qu’il lui jette est le même que lui donneront ses parents, ses amis et la société : la jupe était trop courte.

-Melinda.

Aux voleurs de chansons…

Garées devant la maison et sur le point de sortir, Percy Sledge entame When A Man Loves A Woman à la radio.

Un divorce et des années après, ma mère m’apprend que c’est la chanson sur laquelle mon père et elle ont dansé. Je veux sortir de la voiture pour la faire oublier, mais elle me retient et commence à chanter, le sourire aux lèvres. Alors, je réalise qu’il n’a pas gagné.

Hier soir, j’ai écouté ma chanson. J’ai souri en repensant aux larmes qui avaient coulé des années auparavant sur ces mêmes paroles.

Je ne laisserai plus cet air de musique être un rappel amer du passé.

Le souvenir de la respiration qui commence à manquer car tu n’es plus là et la musique qui est censée apaiser et qui n’apaise pas est loin désormais.

Ces notes sont la preuve que je peux survivre aux épreuves.

Tu m’as pris beaucoup de choses mais tu ne prendras pas ma chanson.

– Melinda.

https://www.youtube.com/watch?v=Y8raabzZNqw

A mon âme soeur…

Si nos âmes n’ont pas su se reconnaître ici-bas peu importe car je sais que toi et moi danserons à nouveau ensemble.

Ton impact dans ma vie a été trop grand pour n’être qu’une peine de coeur parmi tant d’autres.

Ton nom a été trop important pour ne plus être évoqué.

Je pense que parfois les âmes soeurs sont seulement destinées à se croiser, mais pas à marcher ensemble.

Cela ne veut pas dire qu’il ne s’agissait pas d’un amour véritable.

 

-Melinda.

La déchirure.

La colère ne justifie pas tout. Il y a des mots qui ne devraient jamais être pensés et encore moins formulés. Mais je l’ai entendu les dire.

Parce qu’Elle s’est sentie désarmée, Elle a utilisé ses mots pour causer la souffrance et l’édifice qu’Elle était s’est effondré.

J’ai vu l’étincelle d’amertume naître dans ses yeux pour se changer en paroles. Je l’ai vu s’extasier lorsque ses mots ont atteint leur cible et l’ont laissée sans voix.

Elle, c’était une amie.

Elle, c’est une mère qui ne comprend pas ce que c’est que d’être mère.

Elle, avait aidé à choisir le prénom du bébé. Elle, avait pleuré aussi, lorsqu’elle avait appris. C’est Elle qui aurait tenu le bébé et qui aurait veillé sur lui.

Elle, c’est une mère qui s’est réjouie de la fausse couche d’une mère-en-devenir lors d’un conflit.

Il y a des mots qui ne peuvent être oubliés.

Marquée au fer rouge au plus profond de son âme, la cible se demande comment pardonner l’impardonnable.

– Melinda.

Aux nostalgiques…

Les souvenirs sont comme une piqûre quotidienne à ne pas oublier pour affronter le présent.

Dans les souvenirs, les morts sont encore vivants. Ils dansent et rient avec nous et n’ont pas encore rencontré les anges.

Dans les souvenirs, la famille n’est pas encore l’épave déchirée et les mots qui blessent n’ont pas encore été prononcés.

L’homme qui part n’est pas encore parti et l’histoire d’amour qui détruit n’est pas encore entamée.

Dans les souvenirs tout est à faire, à découvrir, à achever. Tout est possible.

Pourtant, la nostalgie n’est jamais permanente car je sais qu’un jour, le présent sera lui aussi le souvenir.

– Melinda.

Les Pensées de Melinda.

Les vagues bercent le bateau et tentent de l’endormir comme pour lui faire oublier sa nature véritable.

Le tombeau ambulant danse au gré du vent et s’enivre des odeurs de chair et de sueur.

Les amas d’espoir sont recroquevillés au sol et ont déchanté. Les cris des ancêtres se mélangent aux lamentations des presque-morts.

Epoques et chemins diffèrent mais ils sont tous destinés au même cercueil. Les uns esclaves, les autres migrants mais tous humains déshumanisés.

Les vagues bercent le bateau, imperméable aux hurlements de douleur et pourtant sur le point de sombrer.

 

– Melinda.

A ma soeur…

J’ai perdu ma sœur. Il faut croire que les liens du cœur n’ont pas été plus forts que ceux du sang. Je me retrouve à te soutenir et à me battre contre le monde pour toi mais je réalise qu’en réalité ce monde, c’est toi.

T’aies-je éloignée de moi ? Est-ce de ma faute si nos chemins se sont séparés ?

En amour comme en amitié, j’ai toujours été celle qui aimait le plus car lorsque j’aime, j’aime fort, passionnément, à la folie. Je ne sais qu’aimer ainsi. Je ne connais pas l’amour à moitié.

Le problème avec les gens comme moi, c’est qu’on souffre toujours. A l’amour, s’associe souvent la déception. On sait qu’on sera trahi et déçu mais on ne peut pas s’empêcher de tomber.

Alors, ma sœur, je te le dis : je t’aime et je t’aimerai encore au moment de ma mort et bien après.

Toi, avec qui j’ai pleuré.

Toi, pour qui j’ai pleuré.

Toi, qui n’a jamais su sécher mes larmes.

Je t’aimerai encore demain. Mais parce que je m’aime aussi, je vais poursuivre ma propre route.

Je ne peux plus être celle qui aime le plus. 

– Melinda.

Aux gens qui me considèrent brisée…

Les larmes se mélangent au rire à l’instar du passé qui enlace le présent.
Les vestiges de la personne que j’étais ont bâti la tour de verre et de béton que je suis.

Pourtant, ces ruines éternelles continuent à faire parler les mémoires.

Elles me parlent de tombes quand je parle de vie, comme si elles oubliaient que je n’étais plus à réparer.

Comme si les années passées à construire n’avaient servi à rien.

Elles me voient et pensent que ce n’est qu’une façade car elles ignorent que l’immensité de la tour reflète la grandeur nouvelle de mon âme.

Je ne suis plus en ruines.

Je ne suis plus à réparer.

– Melinda.

Aux gens braves…

Tu m’as appris à ne pas croire aux promesses car elles sont faites pour être brisées.

Les mots ne sont que des mots, et rien d’autre. Je n’y porte plus aucune importance.

Les gens qui aiment ne le disent pas, ils le prouvent.

Seuls les lâches disent qu’ils aiment, les braves eux aiment en silence.

– Melinda.